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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 18:51

Les gentilshommes verriers du Languedoc et du Rouergue

Alain Riols, Isabelle Commandré, archéologues

16/06/2015

Les Amis du Musée, l’Association DROMOS, les archives municipales, Millau Ville d’Art et d’Histoire et le Musée sont associés dans la programmation des Conférences du musée, le troisième mardi du mois à 18H30.


Entrée gratuite.

Mardi 16 juin 2015 à 18h30

C’est, semble-t-il au cours du XIVème siècle, que se confirme l’organisation des gentilshommes verriers du Languedoc et la présence des verreries forestières. Le noble art de verrerie est réglementé par de nombreux actes royaux. L’abolition des privilèges de la noblesse, la nuit du 4 août 1789, signe la disparition du corps des gentilshommes verriers. Ne subsisteront alors que les traces archéologiques ainsi que les archives qui permettent aux archéologues d’étudier leurs activités.

 

 

Published by Dominique Guibert
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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 21:49

Les Amis de Saint-Félix-de-Sorgues et de la Société Archéologique du Rougier et des Avant-Causses vous invitent le samedi 19 avril à 15h00 dans la Salle des Fêtes de Saint-Félix-de-Sorgues (à 15 minutes de Saint-Affrique, Aveyron) à une double conférence.


La première sera consacrée au parcours de la famille de BRETON, gentilshommes verriers du Rouergue méridional de 1600 à 1750, d'après un texte publié dans les Etudes Aveyronnaises de 2011, et complété de nouvelles découvertes tant archivistiques qu’archéologiques. Elle sera présentée par son auteur, Dominique Guibert.


La seconde sera assurée par Isabelle Commandré, doctorante en archéologie et/ou Alain Riols, membre de l'AFAV, qui présenteront les ateliers forestiers du Languedoc à l'époque moderne.

Conférence

Published by Dominique Guibert - dans Histoire locale
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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 09:45

Après plusieurs mois d’inactivité « blogueuse », j’ai le plaisir de vous faire partager le site internet du Musée du Verre à Sorèze. C’est le musée incontournable pour qui s’intéresse un tant soit peu aux verriers du Languedoc.


J’ai personnellement eu la chance de le visiter en 2009 en compagnie de son créateur Yves Blaquière, homme passionné, à qui nous sommes redevables pour ces magnifiques collections.

 

Musée de Sorèze


96 objets de verre provenant des verreries du Haut-Languedoc sont inscrits depuis 2012 au titre des Monuments Historiques des objets mobiliers.


Je vous laisse découvrir le site qui j’en suis sûr vous incitera à faire le déplacement à Sorèze que vous ne regretterez pas. Outre son Musée du Verre, la ville possède un riche patrimoine dont sa célèbre Abbaye-école.


Voici le lien pour vous rendre sur le site internet du musée du verre Yves Blaquière : http://musee-verre.fr

 

Musée Sorèze

 

Bonne visite !

Published by gentilhomme verrier - dans Histoire locale
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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 14:16

Dans cette nouvelle série d'articles, nous allons illustrer l'itinéraire de quelques verriers du 15e au 18e siècle.

 

 

Carte de migration des verriers aux 15e et 16e siècles vers le Rouergue

 

 

 

Italie

 

Pour lire la carte :

 

Verreries  (losanges rouges) :

 

1. Aurenque

2. Le Piboul

3. Saint-Sulpice

4. Arbousse

 

Itinéraires des familles « verrières » (tracés bleus) :

 

1. Bournhol alias Borniol

2. Filiquier alias Filitier

3. Agrefeuille alias Agrefuelhe

4. La Roque

5. Colom alias Colomb.


Les plus aniciennes familles de verriers connues en Rouergue sont celles des Colom (alias Colomb, Colon, Coulon) et des Agrefeuille (alias Aigrefuelhe, Greffuelhe et leurs variantes francisées Aigrefeuille, Greffeuille et même Egrefeuille).

La première est mentionnée au tout début du 15ème siècle autour de Laguépie (département du Tarn-et-Garonne). En 1409, Jean Colomb et Jean Tortol sont qualifiés de verriers travaillant dans la juridiction de Laguépie, bourgade située à la confluence du Viaur et de l’Aveyron. Pierre d’Estève, verrier, cité en 1409 et qualifié de « donzel » de Laguépie en 1416, prend la qualité de noble dès 1431.

En 1473, on trouve encore Jacques Colom fils de Guiral, qui loue un ouvreau de son four, à Antoine Garnier, verrier et « commandayre » de la verrerie de Bonan, dans la juridiction de Milhars, et un autre à Jean Colom, fils de Jean.

La famille Colomb essaima en Quercy, Rouergue, Languedoc, Auvergne et même au-delà. Ce n’est que vers la fin du 15ème siècle que les verriers du nom de Colomb sont qualifiés de nobles.

Au siècle suivant, trois verriers de ce nom migrent vers la partie sud-est du Rouergue. Deux frères Jean, plus jeune et Jean plus vieux s’allient dans la première moitié du 16ème siècle aux filles d’un gentilhomme verrier dont les ancêtres ont installé leur verrerie dans la vallée étroite du Trévezel, aux confins des diocèses de Vabres et de Nîmes. Il s’agit des Agrefeuille dont les ancêtres, jadis seigneurs de Saint-Sébastien d’Aigrefeuille (département du Gard), ont quitté leur château suite à son incendie, pour s’établir à Sérignac, dans le diocèse d’Uzès, dans les environs de Sommières.

Noble Etienne d’Agrefeuille est établi à Combefrune, aujourd’hui Saint-Sulpice, dans la paroisse de Cantobre (commune de Nant), d’après l’hommage rendu en 1481 au baron de Roquefeuil. Son fils Jean d'Agrefeuille est qualifié veyrier de la veyrière de la Valette, paroisse de Trèves, de 1520 à 1531.

Lors du mariage de sa fille Marguerite avec noble Jean Colom plus jeune, aussi verrier, fils de Guiral de Laguépie, il lui constitue en dot un ouvreau de son four à verre. Un autre Colom, Antoine, crée une verrerie vers 1550 à la Castèle (la Castela), dans la paroisse de Saint-Jean de Balmes (commune de Veyreau), de l’autre côté du plateau qui sépare les gorges du Tarn de celles de la Dourbie.

C’est dans ce contexte, qu’apparaît une nouvelle famille, les Filiquier (alias Filitier). Noble Jacques de Filiquier, originaire de Mormoiron, dans de diocèse de Carpentras (Vaucluse), est créancier de noble Jean Colom, maître verrier de la verrerie de la Castela en raison de la fourniture de « treize quintaux et demi de soude ». Ce même Jacques de Filiquier, s’installe plus tard à la domerie d’Aurenque en Viadène (commune de Coubisou) où sa présence est attestée en 1571. C’est à la verrerie d’Aurenque que nous rencontrons pour la première fois une famille de verriers d’origine italienne, les Borniole de la cité d’Altare près de Montferrat, devenus Bournhol sous la plume des notaires rouergats par assimilation à la graphie occitane. On ignore les étapes de leur longue migration entre Altare et le Rouergue. Noble Jean Bournhol aurait épousé Jeanne Bouchène en 1575, lors de son séjour à Aurenque, avant de migrer à nouveau plus au sud, dans les gorges du Viaur moyen, toujours en Rouergue. Cette fois, il a entrainé avec lui deux frères Filiquier, Etienne et Barthélemy, peut-être fils de Jacques. Etienne créa vers 1590 une verrerie à Carcenac-Peyralès, avant d’épouser en 1592, une orpheline héritière de quelques biens fonciers dans le village du Piboul (commune de Sainte-Juliette-sur-Viaur). Bathélemy Filiquier, acheta une maison en 1597 dans ce même village. Il avait épousé Cécile Capelle, probablement fille de Jean Capelle, maréchal à forge du village de Carcenac, artisan indispensable pour la confection et la réparation des outils des verriers. Jean Borniol alias Bournhol acquit lui aussi une maison et quelques terres en 1599 au Piboul. C’est ainsi que commença l’histoire des verriers du Viaur.

Mais pourquoi me direz-vous avoir choisi ce petit village loin des centres urbains et des grandes voies de communication ? La réponse réside dans la nature géologique des environs. Vous savez que la matière première du verre est la silice contenue dans certains sables de rivière et certaines roches. Nous ignorons si les premiers verriers utilisèrent le sable de rivière. En revanche, nous sommes à peu près certains qu’ils utilisaient au 18ème siècle le quartzite, roche siliceuse abondante dans ce secteur. Le cadastre ancien de Sainte-Juliette en perpétue le souvenir dans les dénominations suivante : roc blanc et roques verrières.

Laissons là nos verriers du Viaur et retournons dans le Rouergue méridional où une famille verrière d’ancienne noblesse, du nom de La Roque, s’implante dans la première moitié du 16ème siècle. Aux confins du Rouergue et du Languedoc, l’abbaye de Joncels (département de l’Hérault), jadis Jaussels, attira des gentilshommes verriers sur ses vastes possessions boisées.

Ainsi, dès 1509, noble Bézard de Ginestous, seigneur de Montdardier (département du Gard), prend le jeune Pierre Benoît comme apprenti pour lui enseigner le noble métier de verrier, dans sa verrerie de « Revelgua », dans la juridiction de Joncels. En fait, le nom correct est la verrerie de Ramelgue, de l’occitan la veyrieyra de Ramelga, dans le testament de noble Delphine de Saint-Julien, veuve dudit Bézard, reçu en 1543. A la même époque, noble Jean Colom (différent de ceux rencontrés précédemment, mais d’origine inconnue) habite au hameau d’Amalou (aujourd’hui Lamalou, commune d’Avène) et noble Denis de La Roque, verrier d’Arbousse, possède une maison dans le « fort » du Clapier (département de l’Aveyron). Denis et son frère Claude ont acquis de l’Abbaye de Joncels, la directe de la terre d’Arbousse, juridiction de Montpaon (commune de Fondamente).

Comme l’a noté Robert Dupuy, dans son œuvre Les verreries forestières et gentilshommes verriers de l’Aude, les ordres religieux, riches propriétaires terriens seraient à l’origine de l’installation de la plupart des familles de verriers. Cela semble être le cas pour la verrerie d’Aurenque, ancienne dômerie dont l’Abbaye de Bonneval levait des droits, pour le village du Piboul dont les Prêtres Anniversaires du Chapitre de la cathédrale de Rodez étaient seigneurs directs et pour la verrerie d’Arbousse dont l’Abbaye de Joncels céda la directe à la famille de La Roque. En revanche, pour les verreries du Trévezel, c’est le haut et puissant seigneur baron de Roquefeuil qui attira les verriers dans ces gorges boisées peu favorables à l’agriculture.

Parmi ces premières familles nobles de verriers, certaines abandonnèrent l’art de la verrerie et dérogèrent après quelques générations : c’est le cas des Colom et des Agrefeuille de Saint-Sulpice, devenus simples laboureurs et dont la noblesse est ignorée dans les actes notariés du début du 17e siècle.

Parmi les autres, seules quelques branches accédèrent à une certaine aisance associée à l’acquisition de droits féodaux, encore que la plupart durent cette ascension davantage à une union matrimoniale avantageuse plus qu’à leur laborieuse activité verrière. Il faut ranger ici les Bournhol de Fonbonne, les Renaud alliés des Bournhol de Noguiès (alias de Noyés, commune de Camboulazet) et des Filiquier de Bahut (alias de Bouet, commune de Laguiole) et peut-être certains Filiquier émigrés en Haute-Auvergne (département du Cantal).

 

 

© Dominique Guibert 2012

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 10:03

Le contenu est accessible à partir du site intitulé Histoires de Saint-Pons-de-Thomières et du Saint-Ponais, tout en bas de la page d’accueil.


Le rédacteur s’est largement inspiré de l’ouvrage de Monsieur Francis de Riols de Fonclare Les verreries forestières de Moussans (1450-1890) paru en 1925 et qui reste un ouvrage de référence malgré quelques erreurs et approximations.


Cet auteur a essayé d’établir la généalogie de cette très ancienne famille, chose mal aisée s’il en est, tant les branches et les rameaux sont nombreux et difficiles à démêler.


Cependant, le gestionnaire du site s’efforce de corriger ou compléter certaines branches, à ce que je crois à partir des recherches d’un autre descendant de cette illustre famille.


J’ai, pour ma part, corrigé et complété la branche des Riols dits « de Thaurines » dans un article à paraître dans la revue Eclats de verre de l’association Genverre ( www.genverre.com).


Je vous invite donc à redécouvrir ce site connu de la plupart d’entre vous : http://saint-pons-de-thomieres.pagesperso-orange.fr/

 

 

  St Pons

 

Extrait de la page d'accueil du site internet

 

 

Beaucoup de chercheurs amateurs se sont efforcés de tirer de l’ombre ces familles de verriers, mais chacun, souvent pour des raisons personnelles s’est limité à l’étude de ses « ancêtres », tel Mr Elisée de Robert-Garils avec sa Monographie d’une famille et d’un village : la famille de Robert et les gentilshommes verriers de Gabre ou encore plus près de nous, le regretté Yves Blaquière avec sa contribution au Colloque de Sorrèze sur Abraham de Robert et les siens.


Un panorama général des verriers du Languedoc, tel que l’avait entrepris Arthur de Cazenove dit Saint-Quirin reste à faire. Mais celui-ci ne peut être qu’une œuvre collective car l’étendue des recherches est immense. Ce travail devrait aussi être pluridisciplinaire, car la recherche archéologique complète et illustre une activité artisanale séculaire qui a marquée de nombreux territoires.

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 10:40

Aujourd’hui, je vous présente une association à la fois familiale et historique. En effet, « l’association La Réveillée réunit depuis 1975  les descendants des gentilshommes verriers du Sud-Ouest des cinq familles de Robert, de Grenier, de Verbizier, de Suère et de Riols de Fonclare.

Elle a pour but de resserrer les liens entre ces familles pour un épanouissement personnel et collectif, de faire profiter la collectivité familiale, régionale ou européenne de la richesse spirituelle, culturelle ou technique du patrimoine de ces familles, centrés sur l’Art et Science de Verrerie ».

Les familles de Suère et de Riols de Fonclare ont été rajoutées à une date ultérieure car elles ne figurent pas dans les statuts originaux de 1975. Si les quatre premières familles de verriers ont, sinon leurs racines, tout au moins une implantation ancienne en Couserans et Comminges, la famille Riols de Fontclare semble plutôt originaire de la région de Saint-Pons de Thomières en Languedoc. Elles ont cependant en commun d’avoir, à un moment de leur histoire, embrassé la Réforme protestante. Cependant, en contradiction avec certains historiens de ces familles, je suis persuadé que certaines branches ont toujours professé la religion catholique.

Chez d’autres familles de verriers, on observe des mariages mixtes bien avant la révocation de l’Edit de Nantes. En dehors des périodes troubles des affrontements religieux, une certaine solidarité professionnelle et sociale semble avoir réunis catholiques et protestants dans les mêmes ateliers verriers.


 

La Réveillée

 

Page d'accueil de l'association La Réveillée



De nombreux descendants de ces familles ont encore des attaches dans le département de l’Ariège où se trouve le siège social de l’association.

La partie documentation intéressera le chercheur qui y trouvera une bibliographie, des documents consultables et téléchargeables, ainsi que de nombreux liens vers des sites internet relatifs à l’histoire des verriers.

Voilà une association qu’il convient de saluer et d’encourager pour le maintien de cette mémoire historique. Je vous invite donc à consulter avec profit leur site internet : http://www.lareveillee.org/

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 11:48

En complément de mon blog et pour favoriser les échanges d’informations entre chercheurs et historiens des verriers du Languedoc (au sens générique, c’est-à-dire du Rhône à l’Océan atlantique), je vais vous présenter une série de sites internet en rapport plus au moins étroit avec l’histoire des verriers.

 

Le premier d’entre eux est celui de l’association Salicorne, dans le département de l’Aude, département de Fourtou, selon la nomenclature verrière du XVIIIe siècle. Le but de cette association est le développement du Domaine de l’eau salée de Sougraigne et la promotion des communes riveraines de la Sals : Arques, Bugarach, Camps sur Agly, Cubières sur Cinoble, Fourtou, Rennes les Bains et Sougraigne.

 

De nombreux documents sont librement téléchargeables au format PDF. Dans la section histoire, vous trouverez des textes sur l’histoire locale de ces communes, qui enrichiront votre connaissance en termes occitans, langue au combien plus riche que le français en niveau lexicologique.

 


 

Salicorne

 

Page d'accueil de www.salicorne-en-aude.fr

 

 

Le généalogiste amateur trouvera son bonheur dans les relevés BMS d’Arques, Bugarach, Couiza et Rennes les Bains. Enfin, l’amateur et le passionné d’histoire des verriers seront comblés par le travail de Pierre Bascou rédigé à l’occasion de la fouille archéologique du remarquable four verrier de la verrerie forestière des Salines réalisée sous la direction d’Isabelle Commandré et Franck Martin, et avec la participation de membres de l’association Salicorne, à l’origine de cette formidable réalisation. J’invite les personnes intéressées qui sont en vacances dans la région des Corbières à visiter le site, accompagnées par des membres de l’association.

 

L’activité verrière n’est pas cependant le seul centre d’intérêt de l’association qui a le mérite de s’impliquer dans la sauvegarde de tous les patrimoines vernaculaires du secteur. La région est riche en patrimoine caché (thème des Journées européennes du patrimoine des 15 et 16 septembre prochains) : mines antiques, sources d’eau minérales…

 

Une visite du site internet, vaut mieux qu’un long discours, je vous laisse donc découvrir le dynamisme et les belles réalisations de cette association.

 

http://www.salicorne-en-aude.fr/

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 07:30

Après avoir vu l’aspect financier de la société de verrerie entre noble Jean François de Laroque et François Boyer, nous allons aborder la question du personnel de la verrerie. Les archives de Monsieur Antoine Temple sont les seules sources de notre documentation. Elles ne sont probablement qu’un échantillon, car comme je l’ai signalé dans la première partie de cet article, il n’y aucun contrat pour la première campagne.

 

En revanche, pour la seconde, nous avons la chance d’avoir cinq contrats d’embauche de verriers dont quatre individuels et un cinquième qui concerne trois frères gentilshommes verriers. L’un des contrats individuel n’est pas daté bien qu’il soit signé par l’intéressé. Ce sont tous des actes sous-seing privé. Tous témoignent d’un manque de pratique à la fois dans la forme, l’orthographe est défectueuse et dans le fond, absence de signature des sociétaires employeurs et de la date dans un cas.

 

Les dates s’échelonnent du 27 mai au 29 septembre 1744. La conclusion d’accords en fin de campagne pour nobles François Bousquet, Louis Duverny et Laurans Duverny (acte non daté) tend à prouver qu’il s’agissait en fait de renouvellement de contrat sans que l’on sache si les clauses étaient les mêmes que pour la première campagne.

 

François Bousquet que j’avais d’abord cru pouvoir identifier avec un supposé François de Robert sieur de Bousquet me semble plutôt devoir être identifié à noble François de la Roque sieur de Bousquet fils de Jean qui se qualifiait Darbous pour être issu de la maison (au sens généalogique) de Jean François de Laroque, habitant du mas d’Arbousse. Son salaire était de 200 livres tournois pour la durée de la campagne du 1er octobre 1744 au 24 mai 1745. Il s’engageait à faire 350 fioles par jour.

 

Louis Duverny de Nozerolles, sieur du Chambon, qui devait faire des verres, reçut 300 livres pour la même période. Son frère Laurent Duverny sieur de la Védrine, fut payé 250 livres pour la fabrication journalière de 350 verres communs et seulement 200 le samedi, le dimanche était bien sûr chômé.

 

Parmi les nouveaux embauchés en septembre 1744, il y avait noble François Coulon sieur de Laforest, originaire de St Eutrope d’Escandaillac en Agenois, aujourd’hui commune de Saint-Eutrope-de-Born, département du Lot-et-Garonne. Celui-ci fut recruté aux mêmes conditions que Laurent Duverny, avec la précision supplémentaire que les jeudi et vendredi saints, il ne serait tenu de faire que la moitié de la quantité habituelle.

 

Enfin les trois frères de la famille de Robert, désignés ainsi : nobles Louis Latour, Guillaume Laprade et Jean Baptiste Desplas figuraient dans le même sous seing privé. Les salaires et les quantités exigées étaient les mêmes que précédemment à savoir 350 ou 200 par jours pour les verres communs. Seul Guillaume de Robert sieur de Laprade devait faire des verres fins à la demande sans qu’aucune quantité minimale ne soit exigée.

 Bousquet 1744

 

Contrat d'embauche de noble François Bousquet (archives privées de M. Antoine Temple)

 


Après le départ de Jean François de Laroque, François Boyer forma une nouvelle société avec noble Louis de Robert sieur de Latour le 22 mai 1745. En voici la transcription :

 

Nous soubsignés et convenons ce qui suit que noble Louis de Latour et François Boyer de Monpauz (Montpaon) nous devons faire travailler la verrerie de Sermet apartenant à Monsieur Boyer nous dux à moitié perte et profit que le dit sieur de Latour doit fo(u)rnir cent pistolles et que le sieur Boyer s’oblige de fournir le restant qui sera nésésére pour faire travailler laditte verrerie et que le dit sieur Boyer ce rése(r)vant que le dit sieur de Latour restera à la verrerie pour prande garde à la ditte verrerie afin que rien ne ce gate et faire tout ce qui sera nésesére qui est les po(t)s, la préparation de la matière et otres choses qui seront néseseres et que ledit sieur Boyer ce réserve que le travail dudit sieur de Latour servira pour le pejemant (payement) du bois qu’il fournit et que ledit sieur Boyer se rése(r)vant de prandre tout ce qu’il aura fourny de plus que le dit sieur de Latour avant qu’il prenne un denier et que le dit sieur de Latour s’oblige de mener tous les domestiques qui sont nécesere(s) pour la dite verrerie le pressant (présent) fait double fait à Monpau ce 22 maiy 1745

(Signature) Latour


Nous ignorons la durée de cette nouvelle société, née de l’association d’un riche roturier, François Boyer, fermier général de la baronnie de Montpaon et d’un gentilhomme verrier, noble Louis de Robert sieur de Latour, natif d’Arques dans les Corbières. Cette fois-ci, le sieur Boyer, prit de meilleures garanties en exigeant de son associé un apport en capitaux de 100 pistoles soit 1000 livres tournois et en lui imposant la charge de rémunérer les domestiques nécessaires à l’alimentation des fours. Malheureusement, nous ne possédons pas le document de clôture des comptes qui nous aurait peut-être permis de savoir si le fermier général avait été plus heureux dans le choix de ce nouvel associé.

 

L’activité de la verrerie se poursuivit au moins jusqu’en 1750 voire 1751. Dans cet intervalle, nous avons noté la présence de noble Jean Alexandre Doutre de Montpezat, sieur de Lasaigne, habitant de Lacaune, natif de la verrerie du Bac, près Lacabarède, noble Augustin de Bertin sieur de Tourlan, bourgeois de Brusque, noble Etienne Auguste de Bertin de Tourlan, fils du précédent, noble Henry de Granier sieur de Comel, de la ville de Bordes et noble François de Grenier sieur d’Autheserre, de Paste Grasse, paroisse de Gabre.

 

Si l’association de gentilshommes verriers et de roturiers pour l’exploitation d’une verrerie constituait une grave infraction aux règlements des verriers dépendants de la juridiction de Sommières, nous en avons relevé une seconde, maintes fois condamnée par les assemblées de verriers, celle de la vente de verre au détail hors de la verrerie.

 

En effet, en raison de retard de payement de la somme de 317 livres 3 sols 8 deniers, valeur de la marchandise de verre prise par le sieur de Lasaigne (Jean Alexandre Doutre de Montpezat), due aux sieurs Boyer père et fils d’après un billet signé Lasaigne, le fils Boyer l’assigna le 7 juillet 1750 devant Mrs les prieur et consul de la bource des mar(chan)ts de Toulouse pour venir avouer ou contester le sus dit billet. Ladite assignation lui fut remise en main propre dans la verrerie de Sermet.

 

Connaissant toutes ces entorses aux règlements des assemblées de Sommières, on comprend mieux la désaffection de la dernière assemblée tenue en octobre 1753 et l’absence de la famille de Laroque d’Arbousse, au demeurant limitée à un seul individu maître verrier : Jean François. Le décès prématuré de son père en 1712 (voir l’article Testament et inventaire après décès de noble Claude de la Roque) et l’absence d’oncles paternels furent responsable de cette situation familiale.

 

© Dominique Guibert 2012

 

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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 10:44

La verrerie de Sermet serait passée complétement inaperçue si Monsieur Antoine Temple n’avait pas eu l’excellente initiative de publier l’inventaire des archives de ses ancêtres : Les Boyer de la Martinerie (Saint-Germain) et Montpaon (Fondamente) 1650-1914 tome 1, 1999. Il a bien voulu me communiquer les copies des pièces se rapportant à la verrerie. Qu’il trouve ici l’expression de ma profonde gratitude.

 

Cet atelier verrier naquit de l’association d’un gentilhomme verrier, noble Jean François de Laroque, habitant du mas d’Arbousse, juridiction de la baronnie de Montpaon (commune de Fondamente) et d’un roturier, le sieur François Boyer, fermier du château et des droits seigneuriaux de Montpaon. Ce type d’association contraire aux règlements du corps des verriers du Languedoc édictés lors de leurs assemblées générales qui se tenaient à Sommières. Le seul acte authentique, dûment enregistré au bureau des contrôles de La Cavalerie, relatif à cette association, l’ignore et la maquille en simple prêt d’argent de François Boyer à noble Jean François de Laroque. Nous en reparlerons le moment venu.

 

De l’analyse de ces documents, il ressort que la première campagne débuta le premier octobre 1743 et s’acheva à la mi-mai 1744. Le roturier apportait les capitaux tandis le gentilhomme, homme de l’art et science de verrerie, selon une formule classique au XVIIIe siècle, fournissait le savoir-faire. Chose curieuse, aucuns des contrats d’embauche de gentilshommes verriers conservés ne se rapportent à cette campagne. C’est pourtant à la fin de cette première campagne que le bilan comptable fit apparaître un déficit important puisque le sieur de Laroque se trouvait débiteur de 828 livres tournois envers son associé. L’association étant à moitié perte et profit, le déficit était donc identique si la totalité des capitaux fut apportée par le sieur Boyer. Il était du double soit 1656 livres si chaque associé avait apporté la moitié des capitaux. Le chiffre réel est donc compris entre ces deux limites. C’est cette somme de 828 livres que Jean François reconnut devoir au fermier général de Montpaon devant maître Roustan, notaire de la baronnie éponyme, le 27 mai 1744. Le verrier s’engageait à rembourser sa dette, déguisée en prêt d’argent, en huit payements annuels : sept d’un montant de 100 livres et le dernier de 128 livres.

 

 

Sermet

 

Localisation de la verrerie de Sermet dans la baornnie de Montapaon (extrait de la carte de Cassini n° 56)

 


Cependant ce bilan ou plutôt ce résultat comptable ne rend pas compte des sommes engagées pour la mise en œuvre de cet atelier verrier. Le bilan de la campagne suivante, heureusement conservé, nous éclaire davantage sur les coûts considérables d’une telle entreprise. Le 29 mai 1745, les sieurs de Laroque et Boyer firent leurs comptes. Les fournitures qui représentaient les dépenses s’élevaient à 8025 livres 1 sol 11 deniers et les ventes de marchandise c’est-à-dire les recettes atteignaient seulement 3165 livres 10 sols 7 deniers. Il apparait donc un solde de 4859 livres 11 sols 4 deniers en faveur du fermier qui avait payé seul toutes les fournitures.


Les marchandises de verre encore en réserve dans les magasins de la verrerie suffirent peu ou prou à éponger cette nouvelle dette car aucune nouvelle obligation ne fut consentie par le gentilhomme verrier en faveur son associé. Connaissant le montant des charges de cette seconde campagne on comprend que l’investissement de départ devait dépasser allègrement les 10000 livres tournois. En effet, il fallait a minima y ajouter la construction d’un four de fusion, d’une arche ou d’un four de recuit et aussi d’un four à fritte et peut-être aussi l’édification d’une halle si les bâtiments existants au mas de Sermet ne convenaient pas.

 

Toujours est-il, que le jour même ils mirent fin à leur société initialement prévue pour trois ans soit trois campagnes. On imagine aisément que le gentilhomme n’arriverait pas à rembourser son créancier si la verrerie de Sermet ne dégageait aucun bénéfice. Jean François de Laroque fut dans l’impossibilité d’honorer son engagement de payement. Son fils et héritier Jean François fut assigné en 1765 par la demoiselle Isabeau Mazel, veuve de François Boyer, devant les officiers ordinaires de la baronnie de Montpaon, pour le voir condamner […] à payer à la requérante la somme de huit cens vingt huit livres.Cette dette désormais héréditaire obéra le patrimoine de la famille de Laroque…

 

© Dominique Guibert 2012

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 09:05

Les origines

 

            Nous connaissons peu de choses de ses origines. Jean Audouy, son père, était probablement issu d’une ancienne famille de verriers nobles œuvrant en périphérie de la forêt royale de Grésigne depuis le XVe siècle où noble Guillaume d’Audouin était verrier en 1482 à Grattegaline, dans la juridiction de Penne en Albigeois.

            Jean vint travailler dans les gorges rouergates du Viaur dans les premières décennies du XVIIe siècle. On le rencontre en 1646 au Piboul, paroisse de Sermur, dans la juridiction de Calmont, où vivent depuis deux générations les verriers portant les patronymes de Bournhol et de Filiquier. C’est à cette date que Jean acheta à sa belle-mère Rose Causse une maison sise dans le village de Rayret, juridiction de Cassagnes-Bégonhès. Il avait épousé à une date inconnue, Catherine Sanch, fille de Bertrand et de Rose Causse de Rayret. De son mariage naquirent au moins André dont nous allons suivre les pas et Catherine qui contracta mariage en 1666 avec noble Jacques de Filiquier, cadet verrier du Piboul, fils de Charles, aussi verrier, et de Marguerite Daures.

            Jean Audouy est cité dans le jugement de M. de Charreton, seigneur de la Terrière, par lequel Antoine et André de BOURNIOL, Jean, Barthélemy, Charles et Pierre de FILIQUIER, et Jean BAUDRY (lecture erronée, il faut lire D'AUDOY) ont esté deschargés du logement des gens de guerres, le 15 mai 1664.

 

 

Son mariage

 

            Lors de son contrat de mariage passé le 19 septembre 1666 devant maître Rech, notaire royal de Cassagnes-Bégonhès, André Audouy, reçut en donation de ses parents tous leurs biens présents et à venir à condition de les nourrir et entretenir leur vie durant. A cette date, ses parents avaient déjà doté leur fille Catherine, épouse de Jacques de Filiquier. Jean Audouy affirma à cette occasion que son fils André despuis plus de dix ans […] a faict son traffic et conduit ses affaires en particulier sans aucune (sic) son asistance et quoyque par ce moyen il soict asses esmancipé de droict néanmoings en tant que de besoin il l’a encore par verteu de cest acte esmancipé et tiré hors de sa puissance paternelle. Sa future épouse, Antoinette de Canac, était fille de feu Maître Philip de Canac, notaire, et de demoiselle Calmels, mariés de leur vivant à Auriac. Elle se constitua en dot la somme de 600 livres léguée par son père en son dernier testament et d’une robe camelot ou de rase. Sa mère lui donna en avancement d’hoiries une couverture de lit de Montpellier d’une valeur de dix livres et quatre linceuls. Etaient présents à la rédaction de ce contrat de mariage les gentilshommes verriers suivants : noble Antoine Bourniol, sieur de la Lande, noble Antoine de Bertin, sieur d’Aires, noble Antoine de Filiquier de Tayac, noble Barthélemy de Filiquier et noble Jean de Paupalhe. Seuls les trois premiers signèrent.

 

 

La verrerie de Clapiès (commune de La Selve)

 

            A l’automne 1667, André Audouy construisit une verrerie dans l’enclos de la bassecourt de Clapiès, […] au devant d’une chambre que lui loua demoiselle Isabeau de Raymond et son gendre Jean Galtier, propriétaires du domaine, et qui lui vendirent la coupe de bois sçavoir est touts les arbres chesnes et autres qui sont excreus dans un leur bois dict des Corvis ainsi qu’une besserade pour par ledit Audouy faire couper tous lesd[its] arbres à pied. Pour la subsistance de sa famille et de ses bêtes de somme, les bailleurs lui donnèrent la jouissance de trois cartes de jardin et la faculté de faire et cultiver du bled dans le bois qu’il desfrichera. La vente fut conclue pour le prix de 220 livres tournois, payable savoir 80 livres dans quinze jours et quarante livres à chaque date anniversaire du contrat, dont la dernière devait être de vingt livres seulement.

            Peu après, noble François de Raymond, seigneur de Saint-Salvadou, probable frère d’Isabeau, fit vente de la coupe d’un bois qu’il possédait à Clapiès. D’abord le 4 décembre 1667, il vendit à Pierre Lacombe et à Jean Boyer, marchands d’Albi, tous les chênes pour faire du mairain de Gaillac, au prix de 8 livres 5 sols la charge de charrette. Enfin le 19 décembre 1668, il céda tout le bois situé à Clapiès à Antoine Roussy, habitant de Rodez. Ce dernier revendit à André Audouy, le 9 octobre 1669, tout l’entier bois frau dud[it] boys acquis dud[it] s[ieu]r de Raymond quy ne pourra pas servir à rien qu’à bruller dans la verrière dud[it] s[ieu]r Audouin, pour la somme de 75 livres par an jusqu’à épuisement de la ressource.

            Nous savons par ailleurs que le temps de travail dans les verreries était à cette époque de huit mois par an : de la fête de Saint-Michel (29 septembre) au dernier jour du mois de mai. Il est évident que le maître de la verrerie devait faire couper et charrier le maximum de bois avant l’hiver, car la neige et le froid pouvaient, à plus de 600 mètres d’altitude, sérieusement perturber le transport du bois.

            Si André était bien le maître de la verrerie établie à Clapiès, nous ignorons la taille du four, son nombre de places et les noms des gentilshommes verriers qui y travaillèrent à l’exception d’un seul : noble Jacques de Filiquier, beau-frère d’André. Jacques vivait à Clapiès avec sa femme Catherine qui donna le jour à trois enfants baptisés à La Selve, église paroissiale de la verrerie.

 

 

La verrerie d’Escorbis (commune de Durenque)

 

            En février 1672, André et sa famille habitaient à Prunet, paroisse de Durenque, de l’autre côté du ruisseau d’Escorbis qui sépare aujourd’hui les communes de La Selve et de Durenque. Ce ruisseau dont les rives pentues étaient comme aujourd’hui couvertes de bois donna son nom à la verrière d’Escorby par[oisse] et jurisd[iction] de Durenque. C’est d’ailleurs dans l’église de Durenque que fut baptisé André Audouy le 24 janvier 1675, seul fils connu du gentilhomme verrier. Il est donc probable qu’il construisit une nouvelle verrerie à mi-chemin entre Prunet et Clapiès, sur la rive droite du ruisseau d’Escorbis à l’automne 1671.

            Chacune des deux verreries créées par André Audouy semble donc avoir fonctionné quatre années suivies hormis les périodes habituelles d’interruption de travail.

 

 

La verrerie de Combecalde (commune de Camboulazet)

 

            Prévoyant la fin des ressources forestières autour du ruisseau d’Escorbis, le sieur Audouy passa, avec deux paysans de la paroisse de Salan, un acte d’achat de coupe de bois des arbres du terroir de Combecalde situé dans les appartenances du hameau de Sabin. Leur portion de bois confrontait du levant la rivière de Viaur. C’est probablement au fonds des gorges mais à une certaine hauteur au-dessus de la rivière que la verrière fut bâtie. C’était une construction sommaire, rectangulaire avec au milieu le four de fusion et s’appuyant sur celui-ci l’arche de recuit.

            L’achat contracté devant notaire fut réalisé pour la somme de 100 livres payable à raison de 10 livres par mois, dont le premier paiement devait avoir lieu deux mois après la première coupe de bois que la cadet verrier s’engageait à faire quinze jours après la fête de Pâques 1675, soit le 29 avril.

            Nous n’avons pas d’autres renseignements sur cette verrerie, mais nous supposons qu’elle fonctionna plusieurs campagnes pour couvrir les frais de construction.

 

 

Relations professionnelles et de voisinage

 

            L’interdiction de vente au détail par les gentilshommes verriers énoncée dans les lettres royaux de confirmation de leurs privilèges, obligeait les verriers à vendre leur production à des marchands, ce qui conduisit naturellement une spécialisation de certains d’entre eux qui étaient de marchands verriers. C’était le cas, entre autre, de Jean Flottes, habitant de Rayret, et voisin d’André Audouy. Ce dernier lui vendit plusieurs biens fonds, notamment le 6 avril 1671 un tronçon de pré de sept cannes de long soit environ 14 mètres pour y faire le chemin public de Rayret à la Calmette des Closcards en remplacement de l’ancien dans lequel Flottes souhaitait faire une basse-cour. Le 15 janvier 1674, le gentilhomme le subrogea dans l’achat d’un pré appelé la Renayrette qu’il avait acquis de Me Pomarède.

            Le 28 août 1678, le marchand verrier donnait quittance au gentilhomme  de la somme de vingt livres t[ournoi]s que led[it] Flottes s’estoit obligé solidairement avec led[it] s[ieu]r  Audouy envers le sieur Vernet mar[ch]ant de Rodés pour certaine marchandise prinse par led[it] s[ieu]r  Audouy de la boutique dud[it] s[ieu]r Vernet. On regrette que la nature de cette marchandise ne fût pas énumérée. De plus, le même jour, André Audouy cédait à Jean Flottes deus cens grosses de verres […] pour vente d’un cheval.

            Le premier janvier 1680, noble André Audouy vendit au même marchand une partie de la muraille de son pré pour y bâtir une galerie sive valet pour le prix de cinq livres.

 

 

Salarié à la verrerie de la Ramière (commune de Rullac-Saint-Cirq)

 

            Nous ignorons où il travailla après l’exploitation de la verrerie de Costecalde, mais nous retrouvons sa trace comme salarié à la verrerie de la Ramière que les frères David et Claude de Breton, originaires de Saint-Félix-de-Sorgues, créèrent suite à l’accord signé devant maître Merlin le 25 janvier 1679 avec le sieur Jean Jacques de Montarnal bourgeois et propriétaire du domaine de la Ramière. Quelques jours plus tard, le 11 février, André Audouy s’engageait à travailler pour les frères Breton pandant le temps et terme de huit moys comptés qui commanceront à corre à la prochaine feste S[ain]t Michel pour lequel traval les[dits] sieurs de Breton frères promettent et s’obligent de payer au[dit] sieur Audouy la somme de vingt-quatre livres pour chascun des[dits] huict moys payable moys par moys. Il était précisé en outre que si le four venait à tomber, ce qui arrivait parfois, le verrier salarié ne serait pas payé pendant l’interruption du travail. En novembre 1681, noble François de Bertin, gentilhomme verrier du lieu de Magary, juridiction de Roqueredonde et diocèse de Béziers en Languedoc, était présent à la même verrerie : peut-être avait-t-il succédé à André Audouy ?

 

 

La verrerie près de Fonbonne (commune de Centrès)

 

            Après son bref séjour dans la verrerie de la Ramière, il put enfin commencer l’exploitation d’une verrerie près de Fonbonne dont le lancement était prévu à l’automne 1678 si l’on en croit la police de main privée faicte entre noble André Audouy cadet verrier du village de Rayret et Blaise Mazars marchant du village de Fonbonne du 16 avril 1678. Mais devant l’inexécution, par le marchand, des clauses de l’accord privé, le sieur Audouy avait dû engager un recours judiciaire devant la justice juridictionnelle de Centrès. Pour éviter un procès long et dispendieux, les parties transigèrent le 20 septembre 1680 devant maître Pomarède, notaire de Cassagnes-Bégonhès. Il fut convenu que Blaise Mazars fournirait, comme prévu dans le contrat privé, le bois nécessaire et l’emplacement pour établir la verrerie pour l’entretien de trois places […] pendant trois ans de huict mois chacun, du 29 septembre au 31 mai de l’année suivante. Le prix de la coupe du bois pour les trois années fut fixé au prix de 185 livres tournois. Ce contrat devait lui fournir du bois et du travail jusqu’à fin mai 1683.

 

 

La verrerie du côté d’Ayres (commune de Centrès)

 

            Le 16 août 1683, Antoine Garrigues, maître maçon de Tayac, fit vente au cadet verrier de la coupe de bois d’un sien bois dict del coustat d’Ayres pour la durée de huit mois et toujours pour un four à trois ouvreaux ou trois places pour la somme de 90 livres, soit une augmentation de 46% par rapport à la vente précédente. Le vendeur donnait pouvoir aud[it] s[ieu]r Audouy de f[aire] lad[ite] verrière dans led[it] bois […] tant pour le four que son logement et de sa familhe et ouvriers : ce qui tend à confirmer que les gentilshommes verriers ne rechignaient pas à vivre dans des conditions de logement sommaires, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes pour des individus appartenant à la noblesse. André Audouy était libre de prendre du bois nécessaire dud[it] bois pour led[it] logement et pour les service de lad[ite] verrière soit pour le four desd[its] trois ouvrals que pour le four à faire cuire le salicor et autre feu nécessaire à lad[ite] verrière. Ces différents feux méritent quelques explications.

            Le salicor encore appelé salicot ou soude des verriers était commercialisé par les marchands verriers qui s’approvisionnaient sur les côtes du Languedoc. Il résultait de la combustion de plantes halophytes telles que la salicorne Salicornia europeae, le kali Salsola kali ou la soude commune Salsola soda, entres autres. Il se présentait généralement sous forme de pierre de soude et devait donc être réduit en poudre pour être fondu. La cuisson du salicor permettait au verrier d’obtenir la fusion du sable ou de la pierre broyée ou encore du verre cassé à une température moindre que celle nécessaire en son absence, c’est la raison pour laquelle on le qualifie aujourd’hui de fondant.

 

 

La verrerie près de Pentezac (commune d’Alrance)

 

            La date de création de cette verrerie n’a pu être déterminée. Nous en connaissons l’existence par deux actes notariés datés respectivement du 20 avril et du 10 août 1688. Le second nous renseigne sur la localisation de la verrerie scituée ez app[artenan]ces du village de Pantezac et sur la capacité du four pour cinq ouvrals. Par cet instrument, André Audouy achetait au sieur Jean Dufieu, bourgeois d’Aurifeuille, tout le bois nécessaire pour seize mois à prendre dans le bois dit lou bosq grand, au prix de 100 livres par huit mois de campagne annuelle, payable fin février. Dans le premier instrument, il avait recruté deux frères verriers natifs du lieu del Magary, diocèse de Béziers en Languedoc aux confins du Rouergue : François, rencontré précédemment, et Etienne de Bertin.

            Il s’agissait d’une location de place du four dont le loyer était de 15 livres par mois et par place, payable en fin de mois. L’accord était valable pour une durée de sept ans, mais chaque partie pouvait le rompre avec un préavis de quinze jours. Le maître de la verrerie s’engageait à fournir seulement une petite chembre pour l'usage desd[its] si[eur]s de Bertins pendant led[it]temps et un chauderon pour leur service ensemble les ferrements grossiers qu'il faulx pour le service de la vererie. Chaque verrier était responsable de son approvisionnement en matière premières et de sa production. Cependant François devait faire des bouteilles les quatre premiers mois et André pendant les quatre derniers.

            Les frères Bertin ne restèrent pas sept ans aux côtés du sieur Audouy ; d’ailleurs nous ne savons pas jusqu’à quelle date fonctionna la verrerie de Pentezac. André Audouy s’obligeait à édifier, hors de la verrerie, un four pour cuire le salicor et autres matières nécessaires pour le travail de verre, ce qui correspond probablement à la préparation de la fritte.

            L’opération de frittage se faisait dans un four secondaire, normalement situé à proximité du four de fusion. Elle produisait une réaction chimique entre les différents éléments du mélange à vitrifier sans atteindre la fusion. C’est ce produit, appelé matière par les gentilshommes verriers, que l’on plaçait ensuite dans le four de fusion.

 

 

Fermier de la Verrière d’Aurenque (commune de Coubisou)

 

            André Audouy n’était certainement pas loin d’atteindre 60 ans d’âge lorsqu’il entreprit de prendre en afferme le four de la verrerie d’Aurenque, l’une des plus anciennes du Rouergue, attestée en 1571 comme propriété de noble Jacques de Filiquier, gentilhomme verrier. A la date du 14 mars 1693, l’ensemble du domaine d’Aurenque avait été cédé par noble Jean Claude de Filiquier, sieur de la Fage, au sieur Antoine Gaillard, fermier des chambres à sel d’Auvergne, sous la forme de vente de fruits. Ce fut donc ce dernier qui afferma le four de lad[ite] verrière d’Aureinque pour y travailler le verre et pour son habita[ti]on […] les deux estations hautes de la mai[s]on qu’est aud[it] villaige d’Aureinque com[m]e aussy un petit scelier qu’est au chef de l’escurie dans la basse court […] come aussy luy est baillé la passade qu’est entre la mai[s]on et le portal de la basse court pour y tenir le salicor et la moityé du jardin qu’est joignant lad[ite] mai[s]on et bassecour.

            Le bail d’une durée de six ans fut réglé à la somme de 200 livres par an, payable en deux termes de six mois. Le sieur Gaillard devait fournir un homme pour couper le bois. Le locataire se réservait quatre places du four qui devait donc en posséder plus. Le nom des autres verriers ne nous est pas révélé, mais on peut légitiment penser que des membres de la famille Filiquier dont certains vivaient en Auvergne furent recrutés. Ici encore, le maître de la verrerie n’accomplit pas la totalité du bail puisqu’il mourut chez lui à Rayret le 9 avril 1699.

 

 

Sa descendance

 

            Son épouse Antoinette de Canac ne lui avait donné qu’un seul garçon parmi leurs sept enfants et encore mourut-il probablement précocement car nous n’avons trouvé aucune trace de lui en dehors de son acte de baptême. Des six filles, seules quatre furent retrouvées à l’âge adulte. Catherine, l’aînée, épousa le 16 juillet 1693 un maître menuisier de la Bastide, paroisse de Saint-Just, Jean Frayssinet. Dans son contrat de mariage du 21 juin 1693, elle fut dotée de 400 livres, d’une génisse et d’une pouline, évaluées 10 livres chacune, d’une robe de valeur de 15 livres, d’une autre robe de maison, d’une couverture de lit valant 9 livres et de quatre draps de lit. La seconde, Antoinette, se maria le 29 août 1711 avec François Rouve, bourgeois. Lors du contrat de mariage reçu le 25 juin 1711 par maître Bernard Vernhes, notaire de Salmiech, Antoinette se constitua avec ses biens évalués à 180 livres et sa mère la dota de 300 livres provenant de l’hérédité de son père. Son futur époux se constitua la somme de 290 livres. Enfin, Marie est citée dans une transaction de 1725 passée avec ses sœurs Antoinette et Isabeau, comme ayant-droits de la succession de feu noble André Audouy. Les autres enfants étaient donc décédés avant cette date.

 

 

Conclusion

 

            Bien que nous ignorions la valeur des biens reçus lors de son contrat de mariage, nous pensons qu’André hérita d’un patrimoine modeste. Sa vie laborieuse de gentilhomme verrier ne lui procura pas une grande aisance, mais elle lui assura une existence honnête qui le plaçait socialement au-dessous des artisans, des paysans ou des bourgeois par son appartenance à la noblesse. Cependant, il n’eut pas les honneurs d’une sépulture dans l’église paroissiale.

 

 

© Dominique Guibert 2012

 

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