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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 07:30

Après avoir vu l’aspect financier de la société de verrerie entre noble Jean François de Laroque et François Boyer, nous allons aborder la question du personnel de la verrerie. Les archives de Monsieur Antoine Temple sont les seules sources de notre documentation. Elles ne sont probablement qu’un échantillon, car comme je l’ai signalé dans la première partie de cet article, il n’y aucun contrat pour la première campagne.

 

En revanche, pour la seconde, nous avons la chance d’avoir cinq contrats d’embauche de verriers dont quatre individuels et un cinquième qui concerne trois frères gentilshommes verriers. L’un des contrats individuel n’est pas daté bien qu’il soit signé par l’intéressé. Ce sont tous des actes sous-seing privé. Tous témoignent d’un manque de pratique à la fois dans la forme, l’orthographe est défectueuse et dans le fond, absence de signature des sociétaires employeurs et de la date dans un cas.

 

Les dates s’échelonnent du 27 mai au 29 septembre 1744. La conclusion d’accords en fin de campagne pour nobles François Bousquet, Louis Duverny et Laurans Duverny (acte non daté) tend à prouver qu’il s’agissait en fait de renouvellement de contrat sans que l’on sache si les clauses étaient les mêmes que pour la première campagne.

 

François Bousquet que j’avais d’abord cru pouvoir identifier avec un supposé François de Robert sieur de Bousquet me semble plutôt devoir être identifié à noble François de la Roque sieur de Bousquet fils de Jean qui se qualifiait Darbous pour être issu de la maison (au sens généalogique) de Jean François de Laroque, habitant du mas d’Arbousse. Son salaire était de 200 livres tournois pour la durée de la campagne du 1er octobre 1744 au 24 mai 1745. Il s’engageait à faire 350 fioles par jour.

 

Louis Duverny de Nozerolles, sieur du Chambon, qui devait faire des verres, reçut 300 livres pour la même période. Son frère Laurent Duverny sieur de la Védrine, fut payé 250 livres pour la fabrication journalière de 350 verres communs et seulement 200 le samedi, le dimanche était bien sûr chômé.

 

Parmi les nouveaux embauchés en septembre 1744, il y avait noble François Coulon sieur de Laforest, originaire de St Eutrope d’Escandaillac en Agenois, aujourd’hui commune de Saint-Eutrope-de-Born, département du Lot-et-Garonne. Celui-ci fut recruté aux mêmes conditions que Laurent Duverny, avec la précision supplémentaire que les jeudi et vendredi saints, il ne serait tenu de faire que la moitié de la quantité habituelle.

 

Enfin les trois frères de la famille de Robert, désignés ainsi : nobles Louis Latour, Guillaume Laprade et Jean Baptiste Desplas figuraient dans le même sous seing privé. Les salaires et les quantités exigées étaient les mêmes que précédemment à savoir 350 ou 200 par jours pour les verres communs. Seul Guillaume de Robert sieur de Laprade devait faire des verres fins à la demande sans qu’aucune quantité minimale ne soit exigée.

 Bousquet 1744

 

Contrat d'embauche de noble François Bousquet (archives privées de M. Antoine Temple)

 


Après le départ de Jean François de Laroque, François Boyer forma une nouvelle société avec noble Louis de Robert sieur de Latour le 22 mai 1745. En voici la transcription :

 

Nous soubsignés et convenons ce qui suit que noble Louis de Latour et François Boyer de Monpauz (Montpaon) nous devons faire travailler la verrerie de Sermet apartenant à Monsieur Boyer nous dux à moitié perte et profit que le dit sieur de Latour doit fo(u)rnir cent pistolles et que le sieur Boyer s’oblige de fournir le restant qui sera nésésére pour faire travailler laditte verrerie et que le dit sieur Boyer ce rése(r)vant que le dit sieur de Latour restera à la verrerie pour prande garde à la ditte verrerie afin que rien ne ce gate et faire tout ce qui sera nésesére qui est les po(t)s, la préparation de la matière et otres choses qui seront néseseres et que ledit sieur Boyer ce réserve que le travail dudit sieur de Latour servira pour le pejemant (payement) du bois qu’il fournit et que ledit sieur Boyer se rése(r)vant de prandre tout ce qu’il aura fourny de plus que le dit sieur de Latour avant qu’il prenne un denier et que le dit sieur de Latour s’oblige de mener tous les domestiques qui sont nécesere(s) pour la dite verrerie le pressant (présent) fait double fait à Monpau ce 22 maiy 1745

(Signature) Latour


Nous ignorons la durée de cette nouvelle société, née de l’association d’un riche roturier, François Boyer, fermier général de la baronnie de Montpaon et d’un gentilhomme verrier, noble Louis de Robert sieur de Latour, natif d’Arques dans les Corbières. Cette fois-ci, le sieur Boyer, prit de meilleures garanties en exigeant de son associé un apport en capitaux de 100 pistoles soit 1000 livres tournois et en lui imposant la charge de rémunérer les domestiques nécessaires à l’alimentation des fours. Malheureusement, nous ne possédons pas le document de clôture des comptes qui nous aurait peut-être permis de savoir si le fermier général avait été plus heureux dans le choix de ce nouvel associé.

 

L’activité de la verrerie se poursuivit au moins jusqu’en 1750 voire 1751. Dans cet intervalle, nous avons noté la présence de noble Jean Alexandre Doutre de Montpezat, sieur de Lasaigne, habitant de Lacaune, natif de la verrerie du Bac, près Lacabarède, noble Augustin de Bertin sieur de Tourlan, bourgeois de Brusque, noble Etienne Auguste de Bertin de Tourlan, fils du précédent, noble Henry de Granier sieur de Comel, de la ville de Bordes et noble François de Grenier sieur d’Autheserre, de Paste Grasse, paroisse de Gabre.

 

Si l’association de gentilshommes verriers et de roturiers pour l’exploitation d’une verrerie constituait une grave infraction aux règlements des verriers dépendants de la juridiction de Sommières, nous en avons relevé une seconde, maintes fois condamnée par les assemblées de verriers, celle de la vente de verre au détail hors de la verrerie.

 

En effet, en raison de retard de payement de la somme de 317 livres 3 sols 8 deniers, valeur de la marchandise de verre prise par le sieur de Lasaigne (Jean Alexandre Doutre de Montpezat), due aux sieurs Boyer père et fils d’après un billet signé Lasaigne, le fils Boyer l’assigna le 7 juillet 1750 devant Mrs les prieur et consul de la bource des mar(chan)ts de Toulouse pour venir avouer ou contester le sus dit billet. Ladite assignation lui fut remise en main propre dans la verrerie de Sermet.

 

Connaissant toutes ces entorses aux règlements des assemblées de Sommières, on comprend mieux la désaffection de la dernière assemblée tenue en octobre 1753 et l’absence de la famille de Laroque d’Arbousse, au demeurant limitée à un seul individu maître verrier : Jean François. Le décès prématuré de son père en 1712 (voir l’article Testament et inventaire après décès de noble Claude de la Roque) et l’absence d’oncles paternels furent responsable de cette situation familiale.

 

© Dominique Guibert 2012

 

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Published by gentilhomme verrier - dans Histoire locale
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